Avec la caravane TESSERAULT de 3m 20 qui comportait des volets métalliques aux fenêtres latérales, la clarté qui provenait des fenêtres avant et arrière pouvait décevoir...
Je me rappelle des simples doubles rideaux en tissu vert foncé, pour occulter au mieux, mais je crois qu'ils étaient une réalisation maternelle...
Il fallait donc trouver une solution pour obtenir une occultation totale, similaire aux volets, pour la baie de la dinette (en 2 vitres, comme le pare-brise du HY CITROEN de l'époque) et pour la grande baie arrière de la cuisine
Quel remède ?
Paul TESSERAULT avait donc décidé de fournir des volets amovibles, internes, en contreplaqué, découpés à la forme exacte des baies, arrondis aux angles, (2 pour la dinette, 1 pour l'arrière).
Il suffisait de les glisser contre la fenêtre et.... de se débrouiller pour les faire tenir !
Avec nos rideaux en tissu, coulissants et attachés en haut et en bas, ils se calaient assez facilement derrière.
Certes, ils étaient un peu encombrants pour le rangement, mais c'était la simplicité du génie... simples d'usage, légers et économiques.
En 1959, la 3m 60 aura des fenêtres par projection, et plus de volets... il n'y aura donc plus ces volets mobiles non plus... mais de beaux stores roulants à chaque fenêtre, bleu foncé dehors, toilé gris vers l'intérieur, qui occulteront suffisamment... sauf un peu sur les bords, parfois.
Ils avaient l'avantage de se régler à la hauteur désirée... tout en remontant parfois, au réglage, de façon intempestive qui nous surprenait. Mais ce n'était pas le mécanisme qui était fautif, mais notre manoeuvre un peu trop rapide et brutale.
Passons à table, maintenant !
Comme grand nombre de modèles, la table, en 1957, se fixe à la paroi de la dinette par deux encoches. C'est à la fois simple, léger et donc très maniable.
Certaines marques réputées ont déjà opté pour une table autonome, que l'on peut même utiliser dehors... si elle est assez légère pour être sortie.
Justement, en 1959, nous découvrons la table de notre nouvelle caravane: elle a deux pieds ! Deux pieds repliables, raccordées par un panneau articulé qui sert de triangulation, avec une petite targette. Le système est encore simple à comprendre, mais nettement plus lourd.
Etonnant car elle tient sur deux pieds...
Les deux pieds moulurés, en nyangon, sont d'un fort échantillonnage, pour une bonne résistance, d'autant que ces pieds doivent être larges à la base, puisqu'ils ne sont que deux !
Avec un petit effort, on pose cette table sur la tranche, sur la banquette, pour procéder au pliage ou dépliage de ces pieds, puis on la bascule dans la bonne position: la table ou le lit.
Cela demande toujours un peu de force, vu le poids... mais au fil des ans, elle a prouvé sa solidité !
Toujours dans la fabrication des caravanes TESSERAULT, une petite remarque, pour les modèles de cette époque, en acier doublé d'un contreplaqué vissé par des vis Parker dans la structure en acier.
Je ne sais combien il y en a, de ces vis qui ont été vissées dans toutes ces caravanes ! Et les tournevis étaient, au mieux, à cliquet, et pas électriques...
Lorsque, en regardant le bord d'un panneau de contreplaqué posé à l'intérieur, on observait la ligne de vis, on s'apercevait qu'elles étaient posées avec un soin méticuleux, pour que les fentes, d'une vis à l'autre, soient dans le même sens...
C'est vrai que cette finition donnait un cachet particulier, témoignait, en quelque sorte... du soin TESSERAULT.
Nous en ferons la remarque, avec Paul TESSERAULT, et il sera assez content de cette observation: ce qui lui tenait à coeur méritait donc bien d'être fait. La qualité n'était donc pas inutile...
Mais, je l'ai déjà évoqué, certaines caravanes livrées pouvaient garantir une bonne surprise, pas forcément dans le bon sens. Les Caravanes TESSERAULT n'y étaient pour rien, ce n'était que l'application, chère à la marque, des gouts du clients, avec les adaptations toujours possibles, et parfois fort originales.
C'est ainsi que nous avons vu Paul TESSERAULT inventer la caravane avec chambre autonome à l'avant, avec lit de milieu... c'était la TESSERAULT rouge ou verte, je ne sais plus, très particulière. Mais encore avait-il fallu placer ce vrai lit au bon moment, dans la construction, puisqu'il ne pouvait plus y entrer après...
Bon, il y a eu pire, mais pas chez TESSERAULT, je crois: une anecdote raconte qu'un constructeur avait dû réaliser une caravane autour d'un piano...
Ces choix n'étaient pas toujours de très bon gout. Parfois, un excès de miroirs ou de rideaux à fanfreluches un peu partout choquait notre sens de l'esthétique.
Lorsque nous avons dormi à côté de cette belle caravane - elle était tout de même belle, bien sûr - nous venions prendre, nous aussi, livraison de notre "camping".
Car ce n'était pas une roulotte, pas une caravane, mais un "camping", dans les termes utilisés par les gens du voyage. Par osmose et par amusement, puisque nous avions eu la preuve que Paul TESSERAULT fabriquait des "campings", nous avons souvent utilisé ce terme au lieu des deux autres.