Lorsque, à l'Eté 1979, nous commanderons notre TESSERAULT 310 - LIBERTE, nous saurons alors qui dirige maintenant l'usine et la marque.
Un concessionnaire de la région toulousaine a repris le flambeau, Monsieur Fabre.
Il fera évoluer la marque, nous le verrons, sans dénaturer quoi que ce soit.
Trois semaines après, à la livraison, nous constatons que la forme des TESSERAULT blanches a un peu évolué: l'avant et l'arrière ont pris un léger arrondi, sans excès, mais plus élégant que les parois verticales.
Notre 310 est de la forme traditionnelle, il n'y en aura pas d'autre pour elle, je crois.
Plus tard, l'évolution se fera plus marquée... mais une autre direction viendra aussi.
J'ai entendu dire que l'avant-dernier repreneur était un ancien de chez DIGUE, qui avait créé l'essentiel des modèles originaux dans cette marque...
Qu'en pense notre lorrain CENTAURE ?
Je ne connais pas assez la chronologie pour savoir qui a initié la fabrication de maisons mobiles, trop classiques, en aluminium pas très "maison", et qui passaient mal dans le paysage... mais une tentative plus classique, avec toit, parois façon crépi, fut trop éphémère.
Qui a fait les toits soulevables ?
Qui a fait le modèle, affreux, en pointe ? En reste-t-il une ou deux ?
Par contre, le DRAKKAR a bien été créé par le repreneur avant la fermeture de l'usine à Poitiers, non ?
Lorsque, fin juillet, nous prenons livraison, mon regard traverse la Nationale pour admirer la grande maison située en face... maison de la famille TESSERAULT, je l'apprends en discutant du passé avec une des personnes chargées de la livraison de notre caravane.
Des années plus tard, je serai attristé en voyant que cette maison a été transformée, deux fois, pour en faire un commerce ! Depuis le dernier aménagement, on ne la voit plus...
Mais, peut-être vers 1990, avec notre 305 et la TESSERAULT 310 LIBERTE, nous nous arrêterons à l'usine, éternelle curiosité pour voir les évolutions de la marque.
Nous admirerons de près le modèle à toit soulevable et compartiment de toilette extensible. Ce principe gain de place me plait...
Le vendeur nous dira qu'un modèle peut être mis en fabrication pour nous, ce que nous ne comprenons pas bien...
Sur les documents fournis, nous voyons un tampon marqué "Vente des usines (ou caravanes ?) TESSERAULT..."
Comment comprendre ? Le vendeur se veut très discret, il n'a pas l'intention de parler... il veut vendre les stocks sans devoir négocier à la baisse...
Nous comprendrons, plus tard, qu'il s'agit bien, sans doute suite à une décision, soit de la Société, soit d'un juge, de vendre tout ce que contient l'usine.
Dommage, j'aurais bien racheté quelques gabarits...
Je ne reverrai pas l'usine une autre fois... elle finira pas disparaître... pour laisser apparaître à nos yeux, lors de nos passages ultérieurs sur l'autoroute, un terrain très bien nivelé (il ne l'était pas partout) qui finira couvert d'un hangar pour une grande société de bricolage...
J'apprendrai plus tard que la société nouvelle des caravanes TESSERAULT a son siège près de Saumur...
Une société, spécialisée dans les grandes caravanes et remorques aménagées pour forains, certaines étant de vrais appartements, à tiroir latéral, et qui fabrique des modèles plus classiques, sous une marque connue et réputée, a repris la société TESSERAULT, avec mise en place d'une fabrication sur place, dont le DRAKKAR...
La similitude de qualité et de parcours de ces deux marques laissaient bien augurer de cette reprise.
Il n'existe pas d'élément survivant de ce nouvel épisode TESSERAULT, depuis 1994, selon mes informations.
La société qui avait repris TESSERAULT a en effet, vers cette date-là, était reprise par d'autres propriétaires, qui ont continué à développer la grand marque d'origine du groupe ainsi repris, et qui se porte très bien depuis ! Toujours de belles caravanes, de grande taille.
Il est juste dommage que la survie de TESSERAULT n'ait pas pu être assurée.
Sans Paul TESSERAULT, il fallait peut-être un peu de modestie et de fidélité, pour ne pas bouleverser les repères des fidèles clients de la marque...